Création d’entreprise à Bahreïn depuis la Tunisie : Zéro impôt, Propriété à 100 %, Accès au CCG — Mis à jour 2026
Guide complet à l’intention des entrepreneurs tunisiens : créer une société à Bahreïn avec 0 % d’impôt sur les sociétés, 100 % de propriété étrangère et un accès au marché du CCG. Coûts, étapes, visas et services bancaires.
Création d’entreprise à Bahreïn depuis la Tunisie : zéro impôt, propriété à 100 %, accès au CCG — Mise à jour
Propriété & capital
Une WLL bahreïnienne peut être détenue par une seule personne — le régime de propriété étrangère à 100 % s’applique à la plupart des activités, sans partenaire local requis pour les services, la fabrication, le négoce d’exportation et les sociétés holding. Le capital social minimum est de 1 BHD ; nous recommandons 1 000 BHD, montant qui facilite grandement l’ouverture d’un compte bancaire et l’obtention du visa investisseur.
Pour de nombreux entrepreneurs tunisiens, le rêve d’une expansion internationale se heurte souvent à une réalité brutale : régimes fiscaux complexes, volatilité monétaire et un labyrinthe de contraintes réglementaires qui étouffent la croissance avant même qu’elle n’ait commencé. Imaginez diriger une entreprise manufacturière prospère à Sousse, par exemple, qui produit de l’huile d’olive ou des textiles de haute qualité. Vous avez bâti une marque locale solide, mais l’expansion à l’international implique d’importer des machines spécialisées ou des matières premières.
Soudain, vous vous heurtez aux contrôles de change de la BCT , tandis que le dinar tunisien (TND) s’est déprécié de plus de 40 % depuis 2010 , faisant exploser vos coûts d’importation.
Vous devez également gérer les déclarations fiscales bi-annuelles complexes de la DGI , acquitter un impôt sur les sociétés de 15 % (ou 25 % si vous êtes dans les services financiers), et verser par ailleurs une contribution obligatoire de 25 % à la CNSS pour vos salariés.
L’incertitude générée par le programme d’ajustement structurel du FMI et la consolidation politique engagée depuis 2021 ajoute une couche de risque supplémentaire, transformant la planification à long terme en un exercice permanent d’équilibriste.
Ce n’est pas un simple scénario hypothétique : c’est le quotidien de milliers de chefs d’entreprise tunisiens. Innovants, résilients et prêts à se mesurer à la concurrence internationale, ils se heurtent pourtant à un environnement économique local qui les freine plus qu’il ne les propulse.
C’est précisément pour cette raison qu’un nombre croissant d’entrepreneurs tunisiens visionnaires tournent leur regard vers l’est, et plus particulièrement vers Bahreïn. Ce petit État insulaire dynamique du Golfe arabique n’offre pas seulement une bouffée d’air frais, mais un paradigme économique radicalement différent.
C’est un environnement où votre entreprise peut fonctionner avec 0 % d’impôt sur les sociétés , bénéficier d’une propriété étrangère à 100 % sans partenaire local, et obtenir un accès inégalé au lucratif marché du CCG grâce à sa position stratégique située à seulement 25 km de l’Arabie saoudite via la chaussée du Roi Fahd.
À Bahreïn, la monnaie est stable, indexée sur le dollar américain au taux de 1 BHD = 2,65 USD, offrant une prévisibilité que le dinar tunisien ne peut tout simplement pas offrir.
Cet article se veut votre guide ultime, une feuille de route à destination des entrepreneurs tunisiens qui souhaitent établir une présence internationale prospère à Bahreïn. Nous y détaillerons les avantages concrets, vous accompagnerons pas à pas dans le processus de création, décrypterons les implications financières et vous proposerons une comparaison claire avec les difficultés que vous rencontrez actuellement en Tunisie. D’ici 2026, de nombreuses entreprises tunisiennes ambitieuses auront déjà franchi le pas ; la vôtre en sera-t-elle ?
Pourquoi les entrepreneurs tunisiens déplacent-ils leur activité vers Bahreïn ?
La décision de délocaliser ou d’étendre une entreprise à l’international ne se prend jamais à la légère. Elle implique des recherches approfondies, une planification rigoureuse et, souvent, un véritable saut dans l’inconnu. Cependant, pour les entrepreneurs tunisiens, les motivations qui les poussent à envisager Bahreïn ne sont pas seulement aspirationales ; elles reposent sur des nécessités pratiques, financières et stratégiques dictées par les dures réalités de leur marché national.
Le poids des réalités économiques tunisiennes
Décomposons les principaux défis qui incitent les entreprises tunisiennes à chercher des cieux plus cléments :
Volatilité des devises et contrôles des changes : Le Dinar tunisien (TND) a perdu plus de 40 % de sa valeur face aux principales devises internationales depuis 2010. Cette érosion continue impacte directement les entreprises qui opèrent dans le commerce international. Importer des matières premières, des machines ou simplement accéder à des services numériques mondiaux devient exponentiellement plus cher. Par ailleurs, la Banque centrale de Tunisie (BCT) maintient des contrôles stricts des changes, rendant les transferts de fonds internationaux, le rapatriement des bénéfices ou le paiement de services essentiels à l’étranger à la fois difficiles, lents et souvent très frustrants. Il ne s’agit pas d’un simple désagrément : c’est un obstacle fondamental aux opérations internationales et à la compétitivité tarifaire.
Fiscalité élevée des entreprises : En Tunisie, un taux d’imposition sur les sociétés de 15 % s’applique à la plupart des entreprises. Dans le secteur stratégique des services financiers, ce taux passe à 25 %. Ces niveaux réduisent fortement les bénéfices conservés et limitent les capacités de réinvestissement et de croissance.
Déclarations fiscales et conformité complexes : La Direction générale des impôts (DGI) est réputée pour ses codes fiscaux complexes et ses déclarations semestrielles par acomptes. Cela demande une vigilance permanente, un accompagnement comptable professionnel et représente une charge administrative lourde, surtout pour les PME. La moindre erreur peut entraîner des pénalités et ajoute une couche de risque supplémentaire.
Cotisations sociales obligatoires (CNSS) : Outre l’impôt sur les sociétés, les entreprises tunisiennes doivent verser 25 % des salaires à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Bien que nécessaire pour la protection sociale des salariés, cette contribution alourdit sensiblement le coût du travail et renchérit l’embauche comme l’extension des équipes.
Instabilité économique et consolidation politique : Depuis 2010, la Tunisie a connu d’importants bouleversements économiques et politiques. Le programme d’ajustement structurel du FMI en cours et la consolidation politique engagée depuis 2021 ont créé de multiples incertitudes, entamé la confiance des investisseurs et rendu la planification stratégique à long terme particulièrement risquée. Or les entrepreneurs ont besoin de stabilité et de prévisibilité pour se développer ; ces conditions restent, en Tunisie, difficiles à réunir.
Deux bilans, deux mondes : Tunisie vs Bahreïn
Pour bien mesurer l’impact, prenons un exemple concret, tel que ceux que le Bahrain Economic Development Board (EDB) observe régulièrement dans ses démarches auprès d’entrepreneurs d’Afrique du Nord :
Considérez un développeur de logiciels basé à Tunis qui a constitué une petite équipe au service de clients européens. En 2023, sa société a déclaré un bénéfice de 420 000 TND.
Après l’impôt sur les sociétés de 15 % (TND 63 000),
Cotisations CNSS à 25 % sur les salaires (estimons 40 000 TND pour simplifier, sur la base des salaires moyens),
Et pour la gestion des déclarations semestrielles auprès de la DGI,
Il a conservé environ 260 000 TND dans la société après impôts directs et charges sociales.
Puis, le dinar a perdu 7 % supplémentaires face à l’euro cette année-là, érodant encore un peu plus le pouvoir d’achat international de ce qu’il en restait.
L’année suivante, il a décidé de transférer la même activité à Bahreïn sous la forme d’une WLL (With Limited Liability).
Le même chiffre d’affaires est désormais soumis à 0 % d’impôt sur les sociétés.
Il bénéficie d’un impôt de 0 % sur les dividendes qu’il souhaite distribuer.
Ses charges opérationnelles de salaires (hors CNSS, qui ne s’applique pas aux employés et sociétés non bahreïnites à Bahreïn) sont plus transparentes.
Surtout, son capital d’exploitation et ses bénéfices sont libellés dans une devise indexée sur le dollar américain au taux de 1 BHD = 2,65 USD, ce qui élimine le risque d’érosion monétaire qui avait pénalisé ses activités en Tunisie.
S’il continue de déclarer ses revenus personnels tunisiens sur les distributions tant qu’il reste résident, la charge fiscale sur les sociétés et le risque de change sont en revanche totalement écartés de ses activités opérationnelles principales.
Cette comparaison saisissante n’est pas qu’une théorie : c’est le constat financier qui parle vraiment aux entrepreneurs tunisiens.
La proposition de valeur inégalée de Bahreïn
Face à ce contexte de défis, Bahreïn offre une contre-narration convaincante :
0% d’impôt sur les sociétés : C’est sans doute l’atout le plus attractif. Pour la majorité des activités commerciales à Bahreïn, il n’existe aucun impôt sur les sociétés. Cela signifie davantage de capital à réinvestir, à consacrer à l’expansion et une meilleure rétention des bénéfices. La situation fiscale dépend de votre pays de résidence.
Propriété étrangère à 100 % : Contrairement à de nombreuses juridictions qui imposent un partenaire local ou des structures d’actionnariat spécifiques, Bahreïn autorise la propriété étrangère à 100 % dans la plupart des secteurs. Cela permet aux entrepreneurs tunisiens d’exercer un contrôle total sur les opérations et l’orientation stratégique de leur entreprise.
Zéro retenue à la source sur les dividendes, redevances et intérêts : Le rapatriement des bénéfices ou le versement de dividendes aux actionnaires n’est grevé d’aucune taxe supplémentaire, ce qui fait de Bahreïn un pôle attractif pour les centres de profit internationaux.
Parité fixe avec le dollar américain : Le taux de change fixe de 1 BHD = 2,65 USD offre une stabilité et une prévisibilité financières incomparables, en éliminant le risque de change qui touche les entreprises libellées en dinars tunisiens.
Porte d’entrée sur le marché du CCG de 1 600 milliards de dollars : La situation géographique stratégique de Bahreïn, notamment sa liaison physique avec l’Arabie saoudite via le pont du roi Fahd, en fait une rampe de lancement idéale vers le marché prospère du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Ce marché regroupe plus de 50 millions de consommateurs disposant d’un fort pouvoir d’achat.
Environnement réglementaire favorable aux entreprises : Le Royaume de Bahreïn, via des entités telles que le ministère de l’Industrie et du Commerce (MOIC) et l’EDB, cultive activement un cadre propice au développement des affaires, grâce à des procédures simplifiées et des politiques de soutien.
Ces avantages font de Bahreïn un véritable refuge économique et un puissant tremplin pour les entreprises tunisiennes aux ambitions internationales.
Comprendre le paysage économique de Bahreïn : un modèle de stabilité
Bahreïn, souvent surnommée la « Perle du Golfe », est bien plus qu’un simple paradis fiscal. C’est une nation stratégiquement située, économiquement diversifiée et tournée vers l’avenir, qui investit depuis longtemps dans ses infrastructures économiques et son capital humain.
Emplacement stratégique et porte d’entrée du CCG
L’avantage géographique du Bahreïn est indéniable. Situé au cœur du Golfe Arabique, il constitue un pont naturel entre l’Orient et l’Occident.
Proximité avec l’Arabie saoudite : La chaussée du Roi Fahd, pont de 25 km, relie directement Bahreïn à l’Arabie saoudite et permet la circulation rapide des marchandises et des personnes. Ce raccourci offre un accès sans égal à l’immense marché de consommation et au tissu industriel saoudien, faisant de Bahreïn un hub logistique et de distribution idéal pour l’ensemble du CCG.
Accès à un marché du CCG de 1 600 milliards de dollars : Au-delà de l’Arabie saoudite, Bahreïn offre un accès simplifié au vaste marché du CCG, qui englobe les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït et Oman. Cet ensemble représente un pouvoir d’achat considérable et de multiples opportunités sectorielles.
Excellente connectivité aérienne et maritime : L’aéroport international de Bahreïn (BIA) est un hub moderne et efficace proposant des vols directs vers les principales capitales mondiales. Son port en eaux profondes, le Khalifa Bin Salman Port, offre des capacités logistiques ultramodernes pour le commerce international.
Cadre réglementaire solide et politiques pro-entreprises
Bahreïn a volontairement développé un environnement réglementaire ouvert, transparent et stable, ce qui en fait une destination attractive pour l’investissement direct étranger.
Rôle de l’EDB, du MOIC et de la CBB :
* LeBahrain Economic Development Board (EDB)agit comme guichet unique pour les investisseurs, en attirant de manière proactive les investissements étrangers et en accompagnant les entreprises dans le paysage local. Sa mission consiste à réduire les lourdeurs administratives et à favoriser la croissance.
* LeMinistère de l’Industrie et du Commerce (MOIC)est chargé de l’immatriculation commerciale, de la délivrance des licences et de la réglementation des activités économiques. Il s’emploie en permanence à simplifier les démarches via son portail Sijilat.
* LeCentral Bank of Bahrain (CBB)est un régulateur jouissant d’une excellente réputation, connu pour son approche progressiste des services financiers et pour sa surveillance rigoureuse qui garantit la stabilité et l’intégrité du secteur financier. Cela crée un environnement sûr pour les opérations bancaires et financières.
Politiques pro-entreprises : Bahreïn figure régulièrement parmi les meilleurs pays dans les classements mondiaux de facilité de faire des affaires (ex. : rapport Doing Business de la Banque mondiale). Son système juridique, fondé sur les principes de la common law, offre clarté et prévisibilité aux investisseurs internationaux.
Une économie diversifiée, moins dépendante du pétrole
Historiquement producteur de pétrole, Bahreïn a accompli des progrès majeurs dans la diversification de son économie, réduisant fortement sa dépendance aux hydrocarbures. Cette stratégie a fait émerger des secteurs dynamiques et porteurs d’opportunités d’investissement :
Services financiers : Bahreïn est depuis longtemps un pôle financier majeur au Moyen-Orient, abritant plus de 350 institutions financières, qu’il s’agisse de banques conventionnelles ou islamiques, de sociétés d’investissement ou de compagnies d’assurance. Le pays dispose d’un cadre réglementaire robuste (CBB) et d’une main-d’œuvre hautement qualifiée.
Technologies de l’information et de la communication (TIC) : Bahreïn est un leader régional en matière de transformation numérique. Le Royaume abrite le centre de données MENA d’Amazon Web Services (AWS), ce qui témoigne de son infrastructure numérique avancée et de son engagement en faveur du cloud computing et de la souveraineté des données. Un atout majeur pour les startups technologiques et les éditeurs de logiciels.
Logistique et industrie légère : Grâce à sa position stratégique et à son excellente connectivité, Bahreïn se positionne comme un pôle régional de logistique et de fabrication légère, en s’appuyant sur ses zones franches telles que le Bahrain International Investment Park (BIIP) et la Bahrain Logistics Zone (BLZ).
Tourisme : Le gouvernement investit massivement dans les infrastructures touristiques, créant des opportunités dans l’hôtellerie, les loisirs et les services connexes.
Pôle de transformation numérique et d’innovation
Bahreïn ne se contente pas de rattraper son retard : sur certains aspects, elle mène l’innovation numérique.
Pôle Fintech : La CBB s’est montrée proactive en créant un bac à sable réglementaire pour les entreprises FinTech, faisant ainsi de Bahreïn un terrain d’expérimentation privilégié pour les technologies financières innovantes. Cela inclut les initiatives d’open banking et l’adoption de la blockchain.
Adoption du cloud computing : L’implantation du centre de données régional d’AWS positionne Bahreïn comme leader des services cloud, en proposant aux entreprises une infrastructure numérique sécurisée et scalable. Cela constitue un atout majeur pour les entreprises tunisiennes à forte intensité de données qui souhaitent moderniser leur activité.
Ce contexte économique stable, diversifié et tourné vers l’avenir constitue le socle idéal pour que les entrepreneurs tunisiens développent leurs activités internationales en toute sérénité.
Principales formes juridiques pour les entreprises tunisiennes à Bahreïn
Le choix de la forme juridique est une décision fondamentale pour toute entreprise. À Bahreïn, les options sont claires, une structure en particulier se détachant comme la plus adaptée à l’immense majorité des PME tunisiennes et des entrepreneurs individuels.
Comprendre la WLL (With Limited Liability) – Le choix privilégié
La société à responsabilité limitée (WLL) est de loin la forme juridique la plus prisée et la plus polyvalente à Bahreïn pour les investisseurs étrangers. Elle offre un savant équilibre entre flexibilité, protection et formalités allégées, ce qui en fait le choix idéal pour les entrepreneurs tunisiens.
Principaux atouts d’une WLL :
Propriété étrangère à 100 % : C’est un avantage déterminant. Contrairement à d’autres pays du CCG qui exigeaient autrefois un associé local, une WLL à Bahreïn peut être détenue à 100 % par des ressortissants étrangers. Les entrepreneurs tunisiens conservent ainsi le contrôle total, le pouvoir de décision et l’intégralité du capital de leur société.
Associé unique possible : Point essentiel, une WLL peut être constituée avec un seul associé. Aucune obligation de pluralité d’associés, ce qui en fait la forme idéale pour les entrepreneurs individuels ou ceux qui souhaitent conserver l’intégralité du contrôle sans faire intervenir de tiers. Cette possibilité répond explicitement au besoin d’une structure de type « société unipersonnelle » sans pour autant la nommer « WLL à associé unique », formule qui n’existe pas à Bahreïn.
Responsabilité limitée : Comme son nom l’indique, la responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports. Cela protège leur patrimoine personnel des dettes et engagements de la société et constitue une sécurité essentielle.
Flexibilité opérationnelle : Les WLL peuvent exercer un large éventail d’activités commerciales, du négoce et des services à la production et aux technologies. Les activités autorisées sont définies lors de la procédure d’immatriculation et précisées dans le Registre du commerce (CR) de la société.
Capital social minimum : Sur le plan juridique, le capital social minimum d’une WLL est de seulement 1 BHD. En pratique, toutefois, notamment pour ouvrir un compte bancaire professionnel et obtenir un visa investisseur, il est fortement recommandé de prévoir un capital social d’au moins 1 000 BHD. Cela renforce la crédibilité financière auprès des banques et des services d’immigration. Nous reviendrons en détail sur ce point crucial.
Simplicité de gestion : Les WLL disposent généralement d’une structure de gestion plus simple que celle des grandes sociétés cotées, ce qui les rend plus faciles à administrer pour les PME.
Pour un entrepreneur tunisien qui quitte les méandres de la DGI, la clarté et la simplicité de la structure WLL à Bahreïn sont particulièrement séduisantes.
Succursale ou WLL : quand opter pour une succursale ?
Bien qu’une WLL soit généralement recommandée pour les nouvelles entreprises autonomes, une société tunisienne disposant d’une marque forte et d’opérations déjà établies peut envisager d’implanter une Succursale à Bahreïn.
Objet : Une succursale est une extension de la société mère et exerce les mêmes activités que celle-ci. Elle ne constitue pas une entité juridique distincte.
Responsabilité : La responsabilité d’une succursale est illimitée, car elle est directement engagée avec celle de la société mère.
Adaptation : Cette formule est généralement privilégiée par les grandes entreprises déjà établies qui souhaitent tester le marché ou réaliser des projets ponctuels sans créer une entité entièrement nouvelle. Pour la plupart des PME tunisiennes en quête d’indépendance totale et de responsabilité limitée, une WLL reste la solution supérieure.
Absence de WLL (société unipersonnelle) : clarification d’une idée reçue
Il est essentiel de bien comprendre que Bahreïn ne dispose pas d’une forme juridique spécifique de « WLL à actionnaire unique » comme c’est le cas dans certaines autres juridictions. En revanche, comme indiqué, la forme WLL permet d’avoir un actionnaire unique, ce qui revient exactement au même. Un entrepreneur tunisien peut donc détenir et exploiter une WLL seul, sans aucun associé. Cette nuance est importante pour éviter toute confusion lors de la création de la société.
Autres formes juridiques (en bref)
Moins courantes pour une première implantation de PME tunisiennes, d’autres formes juridiques existent toutefois :
Société anonyme (BSC) : Destinée aux grandes entreprises qui souhaitent lever des fonds auprès du public.
Société en nom collectif : destinée à deux personnes ou plus qui s’accordent pour partager les bénéfices et les pertes, avec des régimes de responsabilité variables (illimitée ou limitée).
Entreprise individuelle : Généralement réservée aux ressortissants bahreïnis ou aux citoyens du CCG pour certaines activités.
Pour l’immense majorité des entrepreneurs tunisiens, la WLL offre le meilleur équilibre entre maîtrise, protection et liberté d’action.
Le processus de création d’entreprise à Bahreïn, étape par étape
La création d’une société à Bahreïn, en particulier une WLL, a été pensée pour être rapide et transparente, grâce notamment au portail numérique Sijilat du ministère de l’Industrie et du Commerce (MOIC). Bien que globalement simple, bien maîtriser chaque étape reste indispensable pour un déroulement sans accroc.
Phase 1 : Planification et recherche – Pose des fondations
Avant même de remplir le moindre formulaire de demande, une planification rigoureuse est indispensable.
Définissez votre activité : Précisez clairement l’activité que votre société exercera. Bahreïn dispose de classifications spécifiques pour les activités économiques. Soyez précis, car cela influe directement sur les exigences d’obtention de licence. Par exemple, « Services informatiques » est trop large, alors que « Développement de logiciels et conseil » ou « Services d’informatique en nuage » sont plus ciblés. L’EDB et le MOIC mettent à disposition des listes d’activités autorisées.
Choix d’une raison sociale : Sélectionnez un nom d’entreprise unique et approprié. Il doit être rédigé en arabe et en anglais, respecter la réglementation du MOIC (par exemple : pas de termes offensants, ne pas porter atteinte à des marques existantes) et refléter votre activité. Vous devrez réserver ce nom.
Détermination du capital social : Comme convenu, bien que le minimum légal pour une WLL soit de 1 BHD, engagez-vous sur un montant pratique de 1 000 BHD afin de faciliter l’ouverture d’un compte bancaire et d’améliorer vos chances d’obtention du visa investisseur. Ce montant témoigne d’une réelle volonté et d’une solidité financière.
Identifier les actionnaires et les dirigeants : Pour une WLL, vous pouvez être à la fois actionnaire unique et administrateur. Rassemblez tous les documents personnels requis (copies de passeport, CV) pour l’ensemble des personnes concernées.
Espace de bureau physique (Virtuel vs Physique) : Bien que non obligatoire au stade initial de l’enregistrement au MOICT (certaines solutions de bureau virtuel sont acceptées dans un premier temps), vous aurez ultérieurement besoin d’une adresse physique pour la plupart des activités commerciales et, surtout, pour obtenir certaines licences et visas de résidence. Privilégiez un bureau équipé ou un local commercial dédié.
Phase 2 : Pré-approbation et immatriculation par le MOIC – Dossier principal
C’est ici que votre projet prend sa forme juridique via le portail Sijilat du MOIC (www.sijilat.bh).
Réservation de la raison commerciale : La première étape sur Sijilat consiste à vérifier la disponibilité du nom proposé pour votre société et à le réserver. Cette démarche prend généralement moins de 24 heures.
Préparation des documents :
*Statuts de la société (MOA & AOA) :Il s’agit des documents juridiques de base qui définissent l’objet social de la société, son capital social, sa structure de gouvernance et les droits des actionnaires. Des modèles existent, mais il est fortement recommandé de les faire rédiger ou relire par un avocat local afin de garantir leur conformité au droit bahreïni et de les adapter parfaitement à votre projet.
*Informations sur les actionnaires et dirigeants :Copies des passeports, des pièces d’identité, des CV, des justificatifs de domicile et, le cas échéant, une attestation de non-objection (NOC) si vous êtes employé à Bahreïn. Pour les ressortissants tunisiens, il s’agira principalement de copies de passeport et, éventuellement, de documents personnels traduits.
Déposer la demande via Sijilat : Tous les documents requis sont téléversés sur le portail Sijilat. Le système vous guide pas à pas, en vous demandant les informations relatives aux activités commerciales, au capital et à la direction. Le portail Sijilat est une plateforme numérique fluide, spécialement conçue par le MOIC et l’EDB pour simplifier et accélérer l’immatriculation des sociétés.
Examen initial par le MOIC : Le MOIC examine votre dossier afin de vérifier son exhaustivité et sa conformité. Si tout est conforme, une pré-approbation est délivrée et votre numéro d’immatriculation commerciale (CR) est émis. Ce numéro CR constitue l’identifiant unique de votre société.
Phase 3 : Licences et agréments – Exigences spécifiques à chaque secteur
Selon votre activité précise, des approbations supplémentaires de ministères ou d’organismes de régulation compétents peuvent être requises après l’obtention de votre CR initial.
CR générale vs licences spécialisées : Si le MOIC délivre votre CR (Commercial Registration), de nombreuses activités requièrent par ailleurs des licences spécifiques :
*Services financiers :Réglementées par leBanque centrale de Bahreïn (CBB).
*Santé :Ministère de la Santé (MoH).
*Formation :Ministère de l’Éducation.
*Télécommunications :Autorité de Réglementation des Télécommunications (TRA).
*Industrie / Fabrication :Ministère de l’Industrie et du Commerce (avec ses directions industrielles spécifiques).
Procédure : Ces autorités réglementaires examineront votre business plan, vos qualifications et votre dispositif opérationnel afin de vérifier la conformité aux normes propres à votre secteur. Cette étape peut prendre plus de temps selon la complexité de la licence.
Phase 4 : Formalités post-enregistrement – Mise en œuvre opérationnelle
Une fois votre CR délivré et toutes les licences nécessaires obtenues, vous accomplirez les dernières formalités pour être pleinement opérationnel.
Délivrance du Registre de Commerce (CR) : Le document officiel attestant de l’existence légale de votre société à Bahreïn. Il sera disponible en version numérique via Sijilat.
Ouverture d’un compte bancaire professionnel : Il s’agit d’une étape essentielle. Vous devrez présenter votre CR, vos statuts (MOA et AOA) ainsi que les passeports des actionnaires et dirigeants. Le capital social recommandé de 1 000 BHD revêt ici une importance particulière : la plupart des banques bahreïniennes (National Bank of Bahrain, BBK, Ahli United Bank, etc.) exigent un dépôt minimum pour l’ouverture d’un compte professionnel, et ce montant de 1 000 BHD témoigne d’une capitalisation initiale suffisante. Il facilite également le respect des exigences strictes de la CBB en matière de connaissance du client (KYC) destinées à lutter contre la criminalité financière.
Demande de visas : En tant qu’investisseur/propriétaire, vous devrez solliciter un Investor Visa (détaillé ci-dessous). Une fois votre résidence obtenue, vous pourrez parrainer les membres de votre famille et demander des visas pour vos salariés.
Inscription au GOSI (General Organisation for Social Insurance) : Si vous envisagez d’embaucher des ressortissants bahreïniens, votre société devra s’inscrire au GOSI pour les cotisations de sécurité sociale (cela n’a rien à voir avec la CNSS tunisienne et ne concerne que les salariés bahreïniens).
Délais et documents requis
Délai habituel : Pour une WLL standard sans licence complexe, l’immatriculation auprès du MOIC prend généralement 2 à 4 semaines. L’obtention de licences spécialisées peut allonger ce délai.
Documents requis (depuis la Tunisie) :
* Copie certifiée du passeport de tous les actionnaires et administrateurs (valable au moins 6 mois).
* Carte d’identité nationale (le cas échéant).
* Curriculum Vitae (CV) des personnes clés.
* Justificatif de domicile (ex. : facture d’électricité ou d’eau).
* Lettre de référence bancaire (parfois demandée, mais pas toujours obligatoire pour le MOIC).
* Pour les sociétés tunisiennes existantes ouvrant une succursale : extrait du registre de commerce de la société mère, résolution du conseil d’administration autorisant la succursale, états financiers audités.
* Tous les documents étrangers doivent idéalement être légalisés par l’ambassade de Bahreïn à Tunis ou apostillés, selon le cas.
La gestion de ces démarches, surtout à distance, gagne beaucoup à s’appuyer sur une expertise locale. Faire appel à un spécialiste de l’implantation d’entreprises basé à Bahreïn ou à un cabinet juridique local permet de fluidifier le dépôt du dossier, de garantir le respect de toutes les obligations réglementaires et d’éviter pertes de temps et pièges éventuels.
Obtention des licences, visas et services bancaires à Bahreïn
Une fois votre société immatriculée, les étapes suivantes, essentielles, consistent à obtenir les autorisations d’exploitation nécessaires, un canal financier sécurisé, ainsi que le droit de résider et de travailler à Bahreïn. Ces éléments sont étroitement liés et indispensables à tout entrepreneur tunisien.
Obtention des licences d’activité
Comme indiqué, votre Registre du commerce (CR) délivré par le MOIC constitue votre autorisation de base pour exercer. Toutefois, de nombreux secteurs exigent des licences supplémentaires :
CR général : Couvre un large éventail d’activités commerciales.
Licences spécialisées :
*Services financiers :Pour les activités bancaires, d’assurance, d’investissement et de FinTech, réglementées par laCentral Bank of Bahrain (CBB). La CBB est réputée pour son cadre réglementaire rigoureux mais bienveillant, qui garantit stabilité et intégrité.
*Santé/Pharmaceutique :Ministère de la Santé.
*Éducation :Ministère de
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